Médecine dans la Civilisation Islamique.html

 
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En histoire de la médecine, le terme médecine islamique ou médecine arabe fait référence à la médecine développée pendant l’âge d'or de la civilisation islamique médiévale et consignée dans des écrits en langue arabe, la lingua franca de la civilisation islamique. En dépit de ce que ces deux termes accolés pourraient le laisser croire, un grand nombre de scientifiques de cette période ne sont pas arabes. Certains considèrent l’expression "arabo-islamique" comme historiquement inexacte, faisant valoir que cette locution ne rend pas compte de la richesse et de la diversité des chercheurs orientaux qui ont contribué au développement de la science islamique à cette époque.1les traductions latines du XIIe siècle d’ouvrages médicaux écrits en arabe ont eu une influence significative sur le développement de la médecine moderne.

     Expansion sous le Prophète Mahomet, 622-632     Expansion pendant le Caliphat des patriarches, 632-661     Expansion pendant le Caliphat des Omeyyades, 661-750
L'empire abbasside vers l'an 820 de l'ère chrétienne.

Sommaire

modifier Généralités

Les écrits de médecine de l’âge d’or de la civilisation islamique ont été influencés par plusieurs systèmes médicaux, dont celui de la médecine traditionnelle de l’Arabie de l'époque de Mahomet, celui de la médecine de la grèce antique ainsi que par la médecine yunâni, la médecine ayurvédique de l'Inde ancienne et la médecine de l’Iran antique de l’Académie de Gundishapur .

modifier Fondements

Le premier médecin musulman aurait été Mahomet lui-même, car un nombre important de hadiths concernant la médecine lui sont attribués. Selon la tradition orale, plusieurs sahabas auraient été traités avec succès, pour d’authentiques maladies, en suivant les recommandations de Mahomet. Les trois méthodes de guérison connues pour avoir été mentionnées par le prophète sont le miel, les ventouses et la cautérisation, bien qu'il ait été généralement opposé à l'utilisation de la cautérisation à moins qu'elle "convienne à la maladie. " Selon Ibn Hajar al-Asqalani, Mahomet n'aimait pas cette méthode parce qu’elle était "douleureuse et effrayante pour le patient", puisqu’il n'y avait pas d’anesthésie à cette époque.2 Mahomet semble également avoir été le premier à suggérer la nature contagieuse de la lèpre, de la gale et des maladies sexuellement transmissibles 3 et à avoir dit qu'il y a toujours une cause et un remède à toutes les maladies, 2 selon plusieurs hadiths mentionnés dans les textes de Sahih al-Bukhari, de Sunan Abi Dawoud et d' Al-Muwatta et attribués à Mahomet, tels que:

« Il n'y a pas de maladie qu’Allah ait créée, excepté celle pour laquelle il a aussi créé le traitement correspondant. »

— Sahih al-Bukhari 4

« Faites usage des traitements médicaux, car Allah n'a créé aucune maladie sans prévoir un remède pour elle, à l'exception d'une seule maladie, la vieillesse. »

—  Sunan Abi Dawood5

« Allah vous envoie à la fois la maladie et la guérison, et il a prévu un remède pour chaque maladie, aussi soignez vous avec des médicaments. »

—  Sunan Abi Dawood6

« Celui-là seul qui vous envoie la maladie vous envoie aussi le remède. »

—  Al-Muwatta7

La croyance qu'il existe un remède à chaque maladie a encouragé les premiers musulmans à se livrer à la recherche médicale et à chercher un remède pour toutes les maladies qu’ils connaissaient. Toutefois, un grand nombre des premiers auteurs de la médecine islamique, étaient habituellement davantage des clercs que des médecins et l’on sait qu’ils préconisaient les pratiques médicales traditionnelles de l’époque du prophète Mahomet, comme celles qui sont mentionnées dans le Coran et les hadiths. Par exemple, la thérapeutique de l'époque ne prévoyait pas la nécessité pour le patient de se soumettre à une quelconque intervention chirurgicale.

A partir du 9e siècle, Hunayn ibn Ishaq a traduit de nombreuses œuvres de Galien en arabe et a continué ses travaux par la traduction des Sushruta Samhita , des Charaka Samhita et des œuvres de Gundishapur en langue pehlevi. Bientôt les médecins musulmans ont commencé à faire eux même des progrès importants et ont apporté des contributions personnelles à la médecine, notamment dans les domaines qui seront plus tard ceux de l’allergologie, l’anatomie, la bactériologie, la botanique, l’odontologie, l’embryologie, l’écologie, l’étiologie, l’immunologie, la microbiologie, l’obstétrique, l’ophtalmologie, l’anatomo-pathologie, la pédiatrie, la périnatalogie, la physiologie, la psychiatrie, la psychologie, la cardiologie, la chirurgie, la thérapeutique, l’urologie, la zoologie et les sciences pharmaceutiques telles que la pharmacie et la pharmacologie, entre autres.

La médecine a été un élément central de la culture islamique médiévale. En réponse à des circonstances de temps et de lieu, les chercheurs et les médecins islamiques ont élaboré une littérature médicale vaste et complexe pour explorer et synthétiser l’ensemble des théories et des pratiques de la médecine.8 La médecine islamique a été construite initialement sur la tradition, principalement à partir des connaissances théoriques et pratiques développées en Arabie, en Perse, en Grèce, à Rome, et en Inde. Galien et Hippocrate ont été pour eux des autorités pré-éminentes, ainsi que les médecins de l’Inde ancienne Sushruta et Charaka ainsi que les chercheurs de l’époque hellénistique d’Alexandrie. Les érudits musulmans ont traduits leur volumineux écrits du grec et du sanskrit en arabe, puis ont ajouté de nouvelles connaissances médicales sur la base de ces textes.9 Afin de rendre les traditions grecques et indiennes plus accessibles, plus faciles à comprendre et à enseigner, les érudits musulmans les ont classées et ont présenté d’une manière plus systématique et cohérente les connaissances médicales gréco-romaines vastes et parfois contradictoires, en écrivant des encyclopédies et des résumés. 8 C'est par le biais des traductions arabes que l'Occident a pris connaissance des œuvres de la médecine hellénique, notamment des travaux de Galien et d’Hippocrate. Ces œuvres systématiques et globales comme le Canon de la médecine d’ Avicenne ont été traduites en latin, puis diffusées sous forme de manuscrits d’abord avant d’être imprimés dans toute l'Europe Occidentale où ces livres ont eu une influence égale, sinon plus importante, à celle des originaux de l’antiquité grecque. Rien qu’au cours des seuls quinzième et seizième siècles, le Canon de la Médecine a été réédité plus de trente-cinq fois.8

modifier Hôpitaux et Universités

Icône de détail Article détaillé : Bimaristan.

Les médecins musulmans ont été les premiers à mettre en place des hôpitaux au sens moderne du terme, connus sous le nom de Bimaristans. Il s’agissait d’établissements où les malades étaient accueillis et pris en charge par un personnel qualifié et qui se distinguaient clairement des anciens temples de guérison ou temple de sommeil (nommés Asklepieions en Grèce antique en l'honneur d’Asclépios le dieu grec de la Médecine), hospices, Asiles, Lazarets et léproseries qui ont été davantage conçus pour isoler les malades et les fous de la société "plutôt que de leur offrir l’espoir d’une véritable guérison".10Les Bimaristans fonctionnèrent plus tard comme les premièrs hôpitaux publics, 11les premiers Hôpitaux psychiatriques 12ainsi que des écoles de médecine et des Universités délivrant des Diplômes.13

Dans le monde islamique médiéval des hôpitaux ont été construits dans toutes les grandes villes, au Caire par exemple l'hôpital Qalawun pouvait donner des soins à 8000 patients et le personnel comprenait des médecins, des pharmaciens et des infirmières. On pouvait également accéder à un dispensaire et les médecins disposaient de moyens de recherche qui les ont conduit à la découverte de la nature contagieuse de certaines Maladies et à la conduite de travaux sur l’Optique ainsi que les mécanismes de la vision. Les Médecins musulmans opéraient la cataracte avec des aiguilles creuses plus de 1000 ans avant que les médecins occidentaux aient osé tenter une telle intervention. Des hôpitaux ont été construits non seulement pour les personnes atteintes de maladies physiques, mais aussi pour les malades mentaux. L'un des premiers Hôpitaux psychiatrique jamais construit pour donner des soins à des malades mentaux a été bâti au Caire. Les hôpitaux qui ouvriront plus tard en Europe au moment des Croisades ont été inspirés par les hôpitaux du Moyen-Orient. Le premier hôpital de Paris, Les Quinze-vingts, a été fondé par Louis IX après son retour de la Septième croisade entre 1254 et 1260. 14

Les hôpitaux du monde islamique étaient en avance dans le domaine de l'évaluation des compétences des médecins et des infirmières, ainsi que dans celui de la vérification de la pureté des médicaments et l’amélioration des procédures chirurgicales.15 Les hôpitaux ont également été créés avec des quartiers séparés pour certaines maladies spécifiques, afin que les personnes porteuses d’une maladie contagieuse puissent être isolées des autres patients. 16

L'une des caractéristiques des hôpitaux musulmans de l’époque médiévale qui les distinguait de leurs prédécesseurs et de leurs équivalents contemporains était le respect de règles d’éthique médicale sensiblement plus avancées. Les hôpitaux du monde islamique traitaient des patients de toutes les religions, de toutes les ethnies et de tous horizons, alors que les hôpitaux eux-mêmes employaient souvent un personnel composé de chrétiens, de juifs et d’autres minorités. Les médecins musulmans devaient respecter des obligations envers leurs patients, quelle que soit leur richesse ou leur niveau social. Les règles éthiques des médecins musulmans ont d'abord été fixées au 9ème siècle par Ishaq Ali bin Rahawi qui a écrit le Adab al-Tabib (conduite du médecin), le premier traité consacré à l'éthique médicale. Il considérait les médecins comme les "gardiens des âmes et des corps"et il a écrit vingt chapitres sur divers sujets liés à l'éthique médicale.17

Une autre caractéristique unique des hôpitaux musulmans de l’époque médiévale était le rôle du personnel féminin qui avait rarement été employé dans les temples de guérison durant l'Antiquité ou le Moyen Age, ailleurs dans le monde. Les hôpitaux musulmans médiévaux employaient couramment du personnel infirmier de sexe féminin, notamment des infirmières venant de pays aussi éloignés que le Soudan, ce qui témoignait d’une grande tolérance. Les hôpitaux musulmans ont également été les premiers à employer des femmes médecins, les plus célèbres étant deux femmes médecins de la famille d’Avenzoar qui ont servi Abu Yusuf Ya'qub al-Mansur sous la loi des Almohades au 12ème siècle. 18 Plus tard au 15ème siècle, des femmes Chirurgiens ont été mentionnées pour la première fois dans le Cerrahiyyetu'l-Haniyye de Şerafeddin Sabuncuoğlu ( Chirurgie Impériale ).19

modifier Encyclopédies

La première Encyclopédie de médecine en langue arabe a été le Firdous al-Hikmah ( "Paradis de la Sagesse) d’Ali Ibn Sahl Rabban al-Tabari, écrit en sept parties en 860. Il a été le premier livre à traiter de la Pédiatrie et du développement de l'enfant, ainsi que de la Psychologie et de la Psychothérapie. Dans les domaines de la médecine et de la psychothérapie, cet ouvrage a été influencé principalement par la pensée islamique et les médecins de l’Inde ancienne comme Sushruta et Charaka. Contrairement aux médecins précédents, Al-Tabari a toutefois souligné l’existence de liens solides entre la Psychologie et la médecine ainsi que la nécessité de la psychothérapie et du soutien psychologique dans la prise en charge thérapeutique des patients.20

Abu Bakr Mohammad Ibn Zakariya al-Razi (Rhazes) a écrit son traité de médecine au 9ème siècle. Ce traité est la plus connue de toutes ses œuvres. Rhazes y avait consigné les cas cliniques rencontrés au cours de son expérience presonnelle et des informations très utiles sur diverses Maladies. Le traité de médecine, avec sa description de la Rougeole, de la Varicelle et de la Variole, a eu une grande influence en Europe.

Le Kamil Kitab as-sina'a à tibbiyya (Livre Royal de l’Art médical), d’Ali ibn Abbas al-Majusi (Haly Abbas) vers 980, est plus connu sous le nom de Kitab al-Maliki ('Livre Royal' en Latin : Liber Regalis) en l'honneur de son mécène royal Adud Al-Dawla. En vingt chapitres, dix de théorie et dix de pratique, il était plus systématique et plus concis que le Hawi de Razi, mais plus pratique que le Canon d’Avicenne, par lequel il a été remplacé. Avec de nombreuses interpolations et substitutions, il a servi de base au Pantegni de Constantin l'Africain (vers 1087), le texte fondateur de la Schola Medica Salernitana de Salerne.21

Abu al-Qasim al-Zahrawi (Abulcasis), considéré comme le père de la Chirurgie moderne, 22 a grandement contribué à faire de la Chirurgie une discipline médicale par son Kitab al-Tasrif -"La Pratique"- ("Book of Concessions"), une encyclopédie médicale en 30 volumes publiée en 1000 qui a par la suite été traduite en latin et utilisée dans les écoles de médecine européennes pendant des siècles. Il a inventé de nombreux instruments chirurgicaux qu’il décrit dans son Al-Tasrif.

Avicenne (Ibn Sina), un philosophe et médecin Hanbaliste et motaziliste du début du XIe siècle, est une autre figure marquante. Il est considéré comme le père de la médecine moderne,23 et un des plus grands penseurs et chercheurs en médecine de l'histoire. Son encyclopédie médicale, le Canon de la médecine (vers 1020), est resté un manuel de référence en Europe pendant des siècles jusqu'à ce que la tradition musulmane soit supplantée par la médecine scientifique. Il a également écrit Le Livre de la guérison de l’âme (en fait une encyclopédie plus générale de la science et de la philosophie), qui est devenu un autre manuel réputé en Europe. Entre autres choses, les contributions d’Avicenne à la médecine sont notamment l'introduction systématique de l’expérimention et de la quantification dans l'étude de la Physiologie, 24 la découverte de la nature contagieuse des maladies infectieuses, l'introduction de la Quarantaine pour limiter la propagation des maladies contagieuses, l'introduction de la médecine expérimentale, 25 de la Médecine fondée sur les faits, des Essais cliniques,26des essais controlés randomisés,2728 des Tests d’efficacité,2930 de la pharmacologie clinique,31 de l’analyse des facteurs de risque, et le concept du Syndrome dans le diagnosic des maladies spécifiques,32 les premières descriptions des bacteries, des Virus et des Organismes vivants,33 la distinction entre la médiastinite et la Pleurésie, la nature contagieuse de la phthisie (Tuberculose), la transmission des maladies par l’Eau et le sol et la première description minutieuse des maladies de la Peau, des maladies sexuellement transmissibles, des Perversions et des maladies du Système nerveux, 14 ainsi que l'utilisation de la Glace pour traiter la Fièvre et la séparation de la médecine de la Pharmacologie qui fut importante pour le développement des sciences pharmaceutiques. 34

Le Kitab-al-Saidana d’Al-Biruni est une vaste encyclopédie médicale qui faisait la synthèse entre la médecine islamique et la médecine Indienne. Ses investigations médicales comportent une des plus anciennes descriptions de Frères siamois.35Ibn al-Thahabi était célèbre pour avoir écrit la première encyclopédie alphabétique de médecine.

Ibn Nafis (1213-1288) a écrit Al-Shamil fi al-Tibb (Encyclopédie médicale), une somme volumineuse qui devait à l'origine comprendre 300 volumes, mais il n'a pu achever que 80 volumes avant son décès en 1288. Toutefois même incomplet, ce livre est une des plus grandes encyclopédies médicales connues dans l'histoire, mais seule une petite partie de Encyclopédie médicale a survécu. Après sa disparition, Encyclopédie médicale a finalement remplacé le Canon de la Médecine d’Ibn Sina comme autorité médicale de référence à l’âge d'or du monde islamique médiéval. Les biographes arabes à partir du 13ème siècle considéraient Ibn al-Nafis comme le plus grand médecin de l'histoire, certains se référant à lui comme au "deuxième Ibn Sina", et d'autres le considérant comme plus important qu'Ibn Sina. 36

La dernière grande encyclopédie médicale du monde Islamique fut l’Atlas chirurgical Cerrahiyyetu'l-Haniyye ( Chirurgie Impériale ) de Şerafeddin Sabuncuoğlu . Bien que son travail soit principalement basé sur le Al-Tasrif d’Abu Al-Qasim, il a également introduit de nombreuses innovations personnelles.

modifier Héritage

George Sarton, le père de l 'Histoire des sciences, a écrit dans son Introduction à l'histoire des sciences: 14

« Grâce à leurs recherches médicales, ils n’ont pas seulement élargi les horizons de la médecine, mais élargi les concepts humanistes en général. [...] Par conséquent, il ne peut guère s’agir d’un hasard si ces recherches devaient inévitablement les conduire au-delà de ce qui était à la portée des maîtres Grecs. Si on considère comme symbolique que le plus spectaculaire succès de la moitié du vingtième siècle soit la fission atomique et la bombe nucléaire, il ne semble pas fortuit que l'effort médical des premiers musulmans ait pu conduire à une découverte qui a été tout aussi révolutionnaire mais peut-être plus bénéfique. »

—  George Sarton

« Une philosophie de l'égocentrisme, sous quelque forme que ce soit, serait à la fois incompréhensible et répréhensible pour la pensée musulmane. Cette pensée était incapable de voir l'homme, qu’il soit en bonne santé ou malade, seul et comme indépendant de Dieu, des autres hommes et du monde qui l’entoure. Il était probablement inévitable que les musulmans découvrent que la maladie ne provenait pas nécessairement du patient lui-même, mais pouvait l’atteindre de l'extérieur, en d'autres termes, qu'ils soient les premiers à avoir établi clairement l'existence de maladies contagieuses »

—  George Sarton

« L'un des plus célèbres représentants de l’Universalisme musulman et une des personnalités les plus éminentes de la connaissance islamique était Ibn Sina, connu en Occident sous le nom d’Avicenne (981-1037). Pendant un millier d'années, il a gardé la réputation d’être l’un des plus grands penseurs et chercheurs en médecine de toute l'histoire. Ses ouvrages médicaux les plus importants sont le Canon de la médecine et un traité sur l’utilisation des Drogues pour les maladies de Cœur. Le Canon de la médecine est une immense encyclopédie de médecine. Il contient quelques-unes des plus éclairantes réflexions relatives à la distinction entre la mediastinite et la Pleurésie la nature contagieuse de la phthisie, la transmission des maladies par l'eau et la terre, la description minutieuse des maladies de peau, des maladies sexuellement transmissibles et des Perversions, ainsi que des maladies du Système nerveux. »

—  George Sarton

« C’est pendant les croisades que l'Europe a enfin commencé à ouvrir des hôpitaux et nous avons de bonnes raisons de penser qu’elle s’est alors inspirée de l’expérience des Arabes du Proche-Orient .... Le premier hôpital de Paris, Les Quinze-vingt, a été fondé par Louis IX après son retour de la croisade de 1254 à 1260. »

—  George Sarton

modifier Méthode Scientifique

Comme dans d'autres domaines de la science islamique, les médecins musulmans ont été les premiers à développer la Méthode scientifique dans le domaine de la médecine avec notamment, l'introduction de la mathématisation, la quantification, l’expérimentation, la Recherche médicale, 25 la Médecine fondée sur les faits, les essais cliniques,37 la Dissection, l’Expérimentation animale,34l’expérimentation humaine et l’examen post-mortem (Autopsie) par les médecins musulmans, tandis que les hôpitaux du monde islamique inventaient les premiers essais thérapeutiques, veillaient à la pureté des médicaments, et pratiquaient l’évaluation des compétences des médecins. 15

modifier Mathématisation

Au 9ème siècle, al-Kindi (Alkindus), dans De Gradibus , a décrit l'application des Mathématiques arabes et de la quantification à la médecine, en particulier dans le domaine de la Pharmacologie. Il citait notamment l'élaboration d'une échelle mathématique pour quantifier l’effet des médicaments, et un système qui permettrait à un médecin de déterminer à l'avance, pour une maladie donnée, la plupart des jours critiques pour le patient, sur la base des phases de la Lune.38

modifier Méthode Expérimentale

Au 10ème siècle, Razi (Rhazes) a introduit le contrôle scientifique et l’Observation clinique dans le domaine de la médecine et a rejeté plusieurs théories médicales de Galien non vérifiées par l’expérimentation. 37 Les plus anciennes expériences médicales connues on été effectuées par Razi pour trouver l’endroit le plus hygiénique pour construire un hôpital. Il a accroché des morceaux de viande dans toute la ville de Bagdad au 10ème siècle et répertorié l’endroit où la viande se décomposait le moins vite et c'est là qu’il a construit l'hôpital. Dans ses traité de médecine, Razi rapportait des cas cliniques tirés de sa propre expérience et de très utiles observations sur diverses maladies. Dans son doutes sur Galien, Razi a également été le premier à prouver à partir des données de l'expérimentation que la Théorie des humeursde Galien et la théorie des Quatre éléments d’Aristote étaient toutes les deux fausses.39 Il a également introduit l'analyse d'urines et l’examens des selles.40

Avicenne, considéré comme le père de la médecine moderne a introduit la Recherche médicale, l’expérimentation systématique et la quantification en Physiologie, il a découvert la nature contagieuse de certaines maladies, et décrit de nombreux traitements médicaux, y compris l’ Anesthésie et les thérapeutiques médicamenteuses, dans le Canon de la médecine .

Avicenne (Ibn Sina) est considéré comme le père de la médecine moderne,23 pour son introduction systématique de l’expérimentation et de la quantification dans l'étude de la Physiologie, 24 l’introduction de la Recherche médicale,25 des essais cliniques,26de l’analyse des facteur de risque et du concept de Syndrome pour le diagnostic spécifique de certaines maladies, 32 dans son encyclopédie médicale, le Canon de la médecine(vers 1025) qui était également le premier livre traitant de la médecine fondée sur des preuves, et d’essais cliniques randomisés, 2728 et de tests d’éfficacité.2930

Selon Toby Huff et AC Crombie, le Canoncontient "un ensemble de règles qui ont fixé les bases de l’utilisation expérimentale et de l'essai des Médicaments" ce qui constitue "un guide pratique d'expérimentation" dans le processus qui consiste à " découvrir et à prouver l'efficacité de nouveaux Médicaments. "37 Avicenne a mis l'accent sur l'essai de médicaments et jeté les bases d'une approche expérimentale de la Pharmacologie.41Le Canon énonce ci-après des règles et les principes des tests d'efficacité des nouvelles drogues et des médicaments, ce qui forme toujours la base de la pharmacologie clinique31 et des Essais cliniques modernes:26

  1. "Le médicament doit être exempt de toute pollution étrangère accidentelle."
  2. "Il doit être utilisé sur une maladie unique et non une association de plusieurs maladies."
  3. "Le médicament doit être testé avec deux types contraires de maladies, parce qu’un médicament guérit parfois une maladie par ses qualités intrinsèques et parfois par pur hasard."
  4. "La qualité du médicament doit correspondre à la force de la maladie. Par exemple, certains médicaments agissent sur la chaleur alors que certaines maladies sont caractérisées par la froideur, de sorte que ces médicament n'ont pas d'effet sur elles."
  5. "Le temps d'action doit être observé, afin de ne pas confondre l’action propre du médicament et un effet accidentel."
  6. "L'effet attendu du médicament doit se produire constamment ou dans de nombreux cas, car dans le cas contraire, il faut considérer qu’il s’agit d’un effet accidentel."
  7. "L'expérimentation doit être réalisée sur l’homme, si un médicament est expérimenté sur un lion ou un cheval on ne peut tirer de cet essai aucune conclusion que ce soit quant à son effet sur l'homme."

L'un des premiers médecins connus pour avoir réalisé une Dissection sur l'homme et un examen post-mortem du corps (Autopsie) pour des expériences médicales était Ibn Zuhr (Avenzoar), 42 qui a introduit la méthode expérimentale en Chirurgie, 43 pour cette raison il est considéré comme le père de la chirurgie expérimentale.44 A cette époque un certain nombre d'autres praticiens ont été également des pionniers de la dissection et de l'autopsie,45 notamment Ibn Tufayl,46 al-Shayzari médecin de Saladin, 45 Ibn Jumay, Abd-el-latif,47 et Ibn al-Nafis.48

La méthode expérimentale a été introduite en Botanique, en matière médicale et en Agronomie au 13ème siècle par le botaniste arabe et andalous Abou al-Abbas al - Nabati, le professeur d’Ibn al-Baitar. Al-Nabati a introduit des méthodes d'essai empiriques, a descrit et identifié de nombreuses substances entrant dans la matière médicale et il fait le tri entre les effets non vérifiés et ceux qui ont été démontrés par des essais et des observations. 37

modifier Comité de lecture

La première description d’un processus précurseur de ce qu’on nommera plus tard un Comité de lecture figure dans l’éthique du médecin, œuvre d’ Ishaq Ali bin al-Rahwi (854-931) d'Al-Raha en Syrie qui décrit le premier comité de lecture de médecins (examen par des pairs). Son travail, ainsi que les manuels de médecine arabe plus tardifs, prescrivent qu’un médecin qui examine un patient doit toujours rédiger en double une note sur l'état de santé du malade mise à jour à chaque visite. Lorsque le patient est guéri ou est décédé, les notes du médecin sont examinées par un conseil médical local composé d'autres médecins qui font un examen de la pratique du médecin d’après ces notes pour déterminer si ses prescriptions ont respecté les règles des soins médicaux. Si ces conclusions étaient négatives, le médecin praticien pouvait faire l’objet d’un Procès intenté par un patient victime d’un traitement inadapté. 49

modifier Anatomie et Physiologie

En Anatomie et Physiologie, le premier médecin à réfuter la théorie des humeurs de Galien est Muhammad ibn Zakarīya Rāzi (Rhazes) dans ses doutes sur Galien au 10ème siècle. Il a critiqué la théorie de Galien selon lesquelles il existait dans l'organisme quatre "humeurs" (des substances liquides), dont l'équilibre était la clé de la santé et de la température naturelle du corps. Razi a été le premier à prouver que cette théorie était fausse en utilisant une Méthode expérimentale. Il a effectué une expérience qui perturbait ce système par l'introduction dans l'organisme d'un liquide à une température différente de celle du corps, entraînant une augmentation ou une diminution de la température corporelle qui se rapprochait de la température de ce fluide. Razi a noté en particulier qu’une boisson chaude réchauffait le corps à un niveau beaucoup plus élevé que la température naturelle, donc que la boisson déclenchait une réponse de l'organisme, supérieure à ce qui relevait du seul transfert de la chaleur ou du froid vers le corps. Cette critique a été la première réfutation expérimentale de la théorie des humeurs de Galien et de la théorie des Quatre éléments d’Aristote sur laquelle elle était fondée. Les expériences Alchimiques de Razi lui-même ont suggéré l’existence d'autres qualités de la matière, telles que " son caractère Huileux" et " sulfureux", ou son Inflammabilité et sa Salinité qui ne s'expliquent pas facilement par la traditionnelle division en quatre éléments comme le feu, l'eau, la terre et l’air.39

modifier Anatomie et physiologie Expérimentale

Les contributions d’Avicenne à la Physiologie comprennent l'introduction systématique de l’expérimentation et de la quantification pour l'étude de la physiologie dans le Canon de la médecine.24 La contribution d’ Ibn al-Haytham (Alhacen) à l’Anatomie et à la physiologie est principalement l’explication correcte du processus de la vision et de la perception visuelle pour la première fois dans son Traité d’optique , publié en 1021.34 Les autres innovations introduites par les médecins musulmans dans le domaine de la physiologie à ce moment-là sont également l'utilisation de l’Expérimentation animale 34 et de la dissection du corps humain.45

Avenzoar (Avenzoar) (1091-1161) a été un des premiers médecins connu pour avoir effectué des Dissections et des examens post-mortem Autopsies chez l'homme. Il a prouvé qu’une maladie de peau, la Gale était causée par un parasite, une découverte qui allait bouleverser la théorie des humeurs pronée par Hippocrate et Galien. L'élimination du parasite du corps du patient n'impliquait pas de Purge, de saignée ou tout autre traitement traditionnellement associé à la théorie des quatre humeurs. 42

Au 12ème siècle, les médecins de Saladin al-Shayzari45 et Ibn Jumay ont été également parmi les premiers à entreprendre la dissection du corps humain et ils ont appellé explicitement d'autres médecins à en faire autant. Au cours d'une Famine en Égypte en 1200, Abd-el-Latif a observé et examiné un grand nombre de Squelettes et il a découvert que Galien avait formulé des conclusions erronées sur l’anatomie de l 'Os du maxillaire inférieur et du Sacrum. 47

Page de couverture d'un ouvrage médical d’ Ibn al-Nafis, le père de la physiologie circulatoire. Il s'agit probablement d'une copie faite en Inde au cours des 17e ou 18e siècles.

modifier Anatomie et Physiologie Cardiovasculaire

Ibn al-Nafis, le père de la Physiologie circulatoire, 50 fait partie des autres précurseurs de la dissection humaine.48 En 1242, il a été le premier à décrire la circulation pulmonaire,51 les Artères coronaires52 et la Circulation capillaire53qui forment la base du système circulatoire, découvertes pour lesquelles il est considéré comme l'un des plus grands physiologistes de l'histoire.54 Les premières descriptions Européennes de la circulation pulmonaire n’ont été faites que plusieurs siècles plus tard, avec Michel Servet en 1553 et William Harvey en 1628. Ibn al-Nafis a également décrit le premier concept du Métabolisme55 et développé de nouveaux systèmes Nafisiens d’anatomie, de physiologie et de Psychologie pour remplacer les doctrines d’ Avicenniennes et Galéniques, après avoir discrédité un grand nombre de leurs théories erronées sur les quatre humeurs, le Rythme cardiaque, 56les os, les Muscles, les Intestins, le Système sensoriel, les canaux biliaires, l’Œsophage, l’Estomac et l’Anatomie de presque toutes les autres parties du Corps humain.48

Le médecin arabe Ibn al-Lubudi (1210-1267), originaire également de Damas qui a écrit le Recueil des discussions à propos de cinquante questions d’ordre psychologique et médical , dans lequel il rejette la théorie de quatre humeurs défendue par Galien et Hippocrate, a découvert que la préservation du corps dépend exclusivement du Sang et rejeté l'idée de Galien selon laquelle les femmes peuvent produire la semence et a également découvert que la pulsation des Artères n’est pas tributaire des battements du Cœur, que le cœur est le premier organe à se former dans l’organisme du Fœtus (et non le Cerveau comme le pensait Hippocrate) et que les os formant le Crâne peuvent former des Tumeurs. Dans les cas de Fièvre élévée, il conseille également à un patient de ne pas sortir de l'hôpital.57

Au 15ème siècle, le Tashrih al-Badan (Anatomie du corps) écrit par Mansour ibn Ilyas contenait des schémas représentants la structure globale du corps, le Système nerveux et le système circulatoire. 58

modifier Pouls et Tension artérielle

Les médecins musulmans ont été pionniers dans l’étude du Rythme cardiaque. Dans les temps anciens, Galien ainsi que les praticiens de la médecine traditionnelle chinoise ont cru à tort qu'il y avait un type unique de Rythme cardiaque pour chaque Organe du corps et pour chaque Maladie.59 Galien pensait également à tort que "chaque partie d'une artère bat en même temps" et que la perception d’une impulsion était dûe à des mouvements naturels (les artères se dilatant et se contractant naturellement), par opposition aux pulsations forcées (le coeur provoquant la dilatation et la contraction des artères ).60 La première explication correcte des pulsations a été donnée par les médecins musulmans.

Avicenne a été un pionnier de l’étude du pouls après avoir affiné la théorie de l'impulsion de Galien et découvert ce qui suit dans le Canon de la médecine: 59

« Chaque battement du pouls est composé de deux mouvements et de deux pauses. Les différentes phases se suivent ainsi : expansion, pause, lcontraction, pause. [...] Le pouls est un mouvement dans le coeur et les artères ... qui prend la forme d’une alternance de dilatation et de contraction. »
    — Avicenne, 59

Avicenne est aussi un pionnier de la conception moderne de la prise du pouls grâce à la palpation du Poignet qui est encore pratiquée à l’époque moderne. Ses raisons de choisir le poignet comme endroit idéal est dû au fait qu'il soit facilement accessible et que le patient n'ait pas besoin d’exposer son corps ce qui peut être une difficulté pour lui ou pour elle. La traduction latine de son Canon a aussi jeté les bases nécessaires à l’invention plus tardive du sphygmographe (tensiomètre).61

Ibn al-Nafis, dans son commentaire sur l'anatomie décrite dans le ,Canon d'Avicenne, a complètement rejeté la théorie galénique de la pulsation après sa découverte de la circulation pulmonaire. Il a développé une théorie Nafisienne de la pulsation, après avoir découvert que la pulsation est le résultat naturel de deux mouvements, qu’il s’agit d’un mouvement forcé et que le "mouvement forcé correspond à la contraction des Artères provoquée par la dilatation du Cœur et le mouvement naturel est celui de la dilatation des artères." Il note que les "artères et le coeur ne se dilatent et se contractent pas en même temps, mais plutôt que l'un se contracte, pendant que l'autre se dilate" et vice versa. Il a également reconnu que l'objectif de l'impulsion est de favoriser l’irrigation du reste du corps par le sang provenant du cœur. Ibn al-Nafis résume brièvement sa nouvelle théorie de la pulsation:62

« Le but principal de la dilatation et de la contraction du cœur est d'absorber l'air frais et d'expulser les déchets de l'esprit et l'air chaud, lorsque le ventricule du cœur est dilaté. Cependant, quand il se dilate ne lui est pas possible d'absorber l'air jusqu'à ce qu'il soit plein, car cela ruinerait le tempérament de l'esprit, dans sa substance et sa texture, ainsi que le tempérament du cœur. Ainsi, le cœur est nécessairement forcé de se remplir complétement par absorption de l'esprit. »
    — Ibn Nafis, 63

modifier Epidémiologie, Etiologie, Pathologie

Dans le domaine de l’Étiologie et de l’Épidémiologie, les médecins musulmans sont responsables de la découverte des Maladies infectieuses et du Système immunitaire, des progrès de l’Anatomo-pathologie et des premières hypothèses relatives à la bactériologie et à la Microbiologie. 34 Leur découverte des maladies contagieuses, en particulier, est considérée comme révolutionnaire et reste l'une des plus importantes découvertes en médecine. 14 On peut faire remonter les premières idées sur la contagion à plusieurs Hadiths attribués à Mahomet au VIIe siècle qui affirment la nature contagieuse de la Lèpre, de la Gale et des maladies sexuellement transmissibles.3 La conséquence de ces premières idées sur la contagion est une attitude généralement favorable des médecins musulmans envers les lépreux (qui sont souvent considérés sous un jour négatif dans d'autres sociétés antiques et médiévales) qui peut être retrouvée dans un hadith attribué à Mahomet et fait suite aux conseils donnés dans le Coran: 64

« Il n'y a pas de faute à être aveugle, il n'y a pas de faute à être boiteux et il n'y a pas de faute à être malade. »

Cela a finalement abouti à la théorie des maladies contagieuses qui a été bien assimilée par Avicenne au 11e siècle. À ce moment-là, les risques de contagion ont été bien pris en compte et, par conséquent, les hôpitaux ont été créés avec des quartiers séparés pour certaines maladies spécifiques, de sorte que les personnes atteintes de maladies contagieuses puissent être tenues à l'écart des autres patients indemnes de l’infection et hospitalisés pour une autre pathologie. 65 Dans le Canon de la médecine (1020), Avicenne a découvert la nature contagieuse de certaines maladie infectieuses comme la phthisie (Tuberculose), la transmission des maladies par l’ eau et les sols et bien compris la nature contagieuse des maladies sexuellement transmissibles. 14 En épidémiologie, il a présenté la méthode de la Quarantaine comme un moyen de limiter la propagation des maladies contagieuses 26 et introduit la méthode de l’analyse des facteurs de risque et le concept de Syndrome pour le diagnostic de certaines maladies. 32

Afin de trouver l’endroit le plus hygiénique pour construire un hôpital, Muhammad ibn Zakarīya Rāzi (Rhazes) a procédé à une expérimentation au cours de laquelle il a accroché des morceaux de viande dans différents lieux de la ville de Bagdad au 10ème siècle et répertorié les endroits où la viande se décomposait le moins rapidement. Razi a également écrit un traité de médecine au 9ème siècle. Le Grand traité était la plus recherchée de toutes ses oeuvres, celle oû Razi avait noté les cas cliniques tirés de sa propre expérience et de très utiles observations sur diverses maladies, ainsi que la découverte de la Rougeole de la Variole et de la Varicelle. Le Grand traité a également critiqué les vues de Galien, après que Razi eut observé de nombreux cas cliniques qui ne correspondaient pas aux descriptions des Fièvres de Galien. Par exemple, il a déclaré que les descriptions par Galien des maladies urinaires étaient inexactes, parce qu’elles étaient basées sur trois cas seulement, alors que Razi avait étudié des centaines de cas dans les hôpitaux de Bagdad et de Ray.66 Le Traité de médecine, en particulier avec la description de la variole de la varicelle et de la rougeole, a eu une grande influence en Europe.

Ibn Zuhr (Avenzoar) a été le premier médecin à découvrir une étiologie réellement scientifique des maladies inflammatoires de l’Oreille et le premier à exposer clairement les causes du Stridor (dyspnée laryngée).67 Il a également été le premier à donner des descriptions précises de certaines maladies neurologiques, comme la Méningite, la thrombophlébite intracrânienne et les tumeurs médiastinales. Averroès a entrevu l'existence de la Maladie de Parkinson et a découvert les propriétés des Photorécepteurs de la Rétine. Maïmonide a écrit sur les troubles neuropsychiatriques et décrit la Rage et l’intoxication par la Belladone. 22

modifier Allergologie et immunologie

L'étude de allergologie et de l’Immunologie trouve son origine dans la civilisation du monde islamique. 34Muhammad ibn Zakarīya Rāzi (Rhazes) est responsable de la découverte de l’ "Asthme allergique ", et il a été le premier médecin connu pour avoir écrit des articles sur l’ Allergie et le Système immunitaire. Dans le sens de l’odorat, il explique la survenue d’une Rhinite après avoir respiré l’odeur d’une rose au printemps. Dans l'article intitulé la raison pour laquelle Abou Zayd Balkhi souffre d’une rhinite lorsqu’il sent le parfum des roses au printemps, il décrit la rhinite saisonnière, dont le mécanisme est le même que celui de l'asthme allergique ou du rhume des foins. Al-Razi a été le premier à comprendre que la Fièvre était un mécanisme de défense naturel, un moyen pour l'organisme de lutter contre la maladie.

La distinction entre la Variole et la Varicelle remonte également à Al-Razi. La procédure médicale de la variolisation a été pratiquée dans le monde islamique médiéval afin de traiter la variole. Cette méthode fut ensuite suivie par la première vaccination contre la variole par l’inoculation d’une forme atténuée de la Variole, inventée en Chine et transmise à l’Occident par l’intermédiaire de la Turquie au début du 18e siècle. 68

modifier Hématologie

En Hématologie, Abu Al-Qasim (Abulcasis) a donné la première description de l’ Hémophilie (ou du moins d’une maladie de la coagulation) dans son livre Al-Tasrif , dans lequel il rapporte le cas d’une famille andalouse dont les hommes mourraient d'hémorragie après des blessures légères. 69

modifier Microorganismes

Les médecins musulmans ont spéculé sur l'existence des bactéries et des Micro-organismes, si ces théories anciennes n'ont pas été démontrées ou observées avant le 17 ème siècle, lorsque des investigations dans le domaine de la Microbiologie ont été rendues possibles par l'invention du Microscope. Ces premières idées ont cependant, influencé Girolamo Fracastoro.

Avicenne a émis l'hypothèse que les Sécrétions corporelles étaient contaminées par de la terre souillée par des organismes étrangers putréfiés avant qu’apparaisse l’infection. 1233

Lorsque la Peste noire ou peste bubonique atteint Al-Andalus au 14ème siècle, Ibn Khatima a émis l'hypothèse que les maladies infectieuses étaient causées par de petits "Micro-organismes" qui pénétrent dans le corps humain et provoquent des maladies. Au 14ème siècle un autre médecin andalou, Ibn al-Khatib (1313-1374), a écrit un traité appelé sur la peste, dans lequel il affirmait: 12

« L'existence de la contagion est établie par l'expérience, les investigations, les faits constatés par les sens et des études dignes de confiance. Ces faits constituent un bon argument. Le fait de l'infection devient clair pour le chercheur qui observe comment s’établit le contact avec la personne atteinte de la maladie, alors que ceux qui ne sont pas en contact sont épargnés, et la façon dont la transmission se produit par les vêtements, les navires et les boucles d'oreilles. »
    — Ibn al-Khatib sur la peste, 12

modifier Parasitologie

En Parasitologie Avenzoar, par le biais de la dissection, a été en mesure de prouver que la gale est provoquée par un parasite, une découverte qui allait bouleverser la théorie des humeurs défendue par Hippocrate, Galien et Avicenne. L'élimination du parasite du corps du patient ne nécessite pas de Purge, de saignée ou tout autres traitements traditionnellement associés à la théorie des quatre humeurs. 42

modifier Dentisterie

modifier Chirurgie dentaire

Les dentistes musulmans ont été des pionniers en Odontologie, notamment en chirurgie dentaire et Odontologie conservatrice . Le premier texte médical décrivant la chirurgie dentaire en détail est le Al-Tasrif d’ Abulcasis. Il a préconisé des méthodes détaillées pour assurer le succès de la reimplantation des dents arrachées. 70

modifier Restauration dentaire

Au 10e siècle un autre dentiste arabe, Abou Amed Gaafar ibn Ibrahim ibn abi Halid al-Gazzar en Afrique du Nord, a décrit les méthodes de restauration dentaire dans son Kitab Zad al-Musafir qut wa al-Hadir ( Provision pou